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Assiste-t-on à une remise en question généralisée de la pilule contraceptive dans la jeune génération de femmes en France en 2024 ? Si oui, quelles en sont les dynamiques ?
(Is there a widespread rethinking of the contraceptive pill among the younger generation of women in France in 2024? If so, what are the driving dynamics behind it? )

Daniel, Charlotte - (2025-04-08) / Universite de Rennes - Assiste-t-on à une remise en question généralisée de la pilule contraceptive dans la jeune génération de femmes en France en 2024 ? Si oui, quelles en sont les dynamiques ?

Langue : Français
Directeur de thèse:  Tomasi, Sophie
Thématique : Médecine et santé
Accès à la ressource : https://ged.univ-rennes1.fr/nuxeo/site/esupversion...

Mots-clés : pilule contraceptive, contraception hormonale, contraception orale, hormone, norme contraceptive, pilulocentrisme, paysage contraceptif, effets indésirables, santé de la femme, santé publique, Contraception, Contraception orale, Contraceptifs oraux, Santé publique, Femmes, Connaissances, attitudes et pratiques en santé, Jeunes femmes , Réseaux sociaux (Internet)

Résumé : De sa légalisation en 1967 jusqu'aux années 2000, la pilule est devenue une méthode contraceptive centrale en France, établissant une norme contraceptive stéréotypée. Cependant, la « crise de la pilule » en 2012 a modifié le paysage contraceptif et diversifié cette norme. Cette remise en question n’a pas été homogène, touchant surtout les jeunes femmes de 20 à 29 ans en 2012, qui ont changé de méthode. Une conséquence positive a été le recours à des méthodes contraceptives plus efficaces, comme le DIU ou l’implant, notamment chez les plus jeunes femmes ou femmes de classe aisée. Cependant, cette crise a aussi renforcé les inégalités sociales d’accès à la contraception, notamment chez les femmes les plus précaires, qui se sont tournées vers des méthodes contraceptives moins efficaces comme le préservatif ou le retrait. En 2023, l’utilisation globale de la pilule a chuté à 26,8%, devenant la deuxième méthode utilisée, après le DIU. La remise en question persiste donc, notamment dans les jeunes générations de femmes, avec des arguments et dynamiques multiples et complexes. Le principal argument de remise en question réside dans l'expérience personnelle, bien concrète, parfois quotidienne, des effets indésirables dits "non graves" (maux de tête, prise de poids, troubles de l’humeur et de la libido,…). Il y a aussi une demande pour des méthodes contraceptives sans hormones. Toutefois, cet argument est souvent un prétexte cachant un rejet plus large lié aux problèmes de tolérance ou d’observance des effets indésirables "non graves" de la pilule. Les informations en ligne, notamment sur les réseaux sociaux, ont un impact majeur (d'autant plus chez les jeunes femmes), amplifiant les témoignages négatifs sur la pilule, participant donc à entretenir cette remise en question. Le manque de réponses satisfaisantes, d'écoute, de considération de la part des professionnels de santé peut renforcer l’insécurité et les doutes vis-à-vis de la pilule. Ainsi, cette remise en question reflète surtout un changement dans les attentes des femmes vis-à-vis de la contraception, mais aussi de leur corps et de leur santé plus globalement. La pilule, autrefois symbole d’émancipation, est désormais perçue de façon plus critique, notamment en raison de son pilulocentrisme et du « travail contraceptif » qu’elle implique.

Résumé (anglais) : From its legalization in 1967 until the 2000s, the pill became a central contraceptive method in France, establishing a stereotypical contraceptive norm. However, the “pill crisis” in 2012 altered the contraceptive landscape and diversified this norm. This questioning was not homogeneous, affecting mainly young women aged 20 to 29 in 2012, who switched methods. One positive consequence has been the use of more effective contraceptive methods, such as the IUD or implant, particularly among younger women or women from affluent backgrounds. However, this crisis has also reinforced social inequalities in access to contraception, particularly among the most precarious women, who have turned to less effective contraceptive methods such as condoms or withdrawal. By 2023, overall use of the pill had fallen to 26.8%, becoming the second most popular method after the IUD. Questioning persists, particularly among younger generations of women, with multiple and complex arguments and dynamics. The main reason for questioning the use of the pill lies in personal, concrete, sometimes daily experience of so-called “non-serious” side effects (headaches, weight gain, mood and libido disorders, etc.). There is also a demand for hormone-free contraceptive methods. However, this argument is often a pretext concealing a wider rejection linked to problems of tolerance or compliance with the pill's “non-serious” side effects. Online information, particularly on social networks, has a major impact (all the more so among young women), amplifying negative testimonials about the pill, thus helping to sustain this questioning. The lack of satisfactory answers, listening and consideration from healthcare professionals can reinforce insecurity and doubts about the pill. So, above all, this questioning reflects a change in women's expectations of contraception, but also of their bodies and their health more generally. The pill, once a symbol of emancipation, is now viewed more critically, not least because of its pilulocentrism and the “contraceptive work” it entails.

Identifiant : rennes1-ori-wf-1-20909
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