Le célibat à Rome - Etude sur les rapports entre la législation et les mœurs.
( Celibacy in Rome - A study of the relationship between laws and mores.)

Girard-Etien, Pierre-Marie - (2025-12-17) / Universite de Rennes  - Le célibat à Rome - Etude sur les rapports entre la législation et les mœurs.

Langue : Français
Directeur de thèse:  Cornu-Thenard, Nicolas
Laboratoire : Institut de l'Ouest : droit et Europe (Rennes)
Ecole Doctorale :  École doctorale de Droit et de Science Politique (Rennes ; 2022-....)

Thématique : Droit
Accès à la ressource : https://ged.univ-rennes1.fr/nuxeo/site/esupversion...

Mots-clés : Célibat, Caelebs, Caelibatus, Mariage, Droit romain, Mœurs, Célibat, Mariage, Droit romain, Moeurs et coutumes

Résumé : Au cours des derniers siècles de la République, la prospérité économique et l’expansion territoriale de Rome eurent pour effet d’affaiblir l’obligation civique consistant à prendre femme. Cela favorisa la banalisation du célibat. Ce mode de vie, en dépit des actions menées par les censeurs pour assurer la défense des boni mores, fut en effet de moins en moins considéré comme un défi lancé à la Cité. Auguste, conscient de ce bouleversement, soucieux également de relancer la natalité après les guerres civiles, adopta des mesures pour sanctionner les caelibes, et restaurer la fonction civique des noces. Il dut néanmoins, dans le cadre de son action, composer avec la priorité croissante donnée à l’intérêt individuel dans le mariage. Il fit, peut-être malgré lui, reposer ses lois sur un paradoxe : les lois Iulia et Papia, pour redonner aux unions leur dimension d’autrefois, s’appuyaient sur les ressorts mêmes qu’elles visaient à dépasser ; elles mobilisaient, pour encourager les citoyens à se marier, l’intérêt privé. Elles montraient conséquemment que les Romains, s’ils le souhaitaient, pouvaient faire le choix du célibat. Cette approche fut peu efficace : elle ne restaura pas le caractère obligatoire du mariage. Le pouvoir romain put néanmoins compter sur une promotion nouvelle, extra-juridique de l’abstinence sexuelle pour servir ses desseins. L’Eglise allait, en effet, valoriser le célibat chaste et condamner moralement tout mode de vie hors mariage non consacré. Elle allait, par l’intermédiaire de ses dogmes, faire ce que le pouvoir n’avait pas pu faire par la loi.

Résumé (anglais) : During the final centuries of the Roman Republic, Rome’s economic prosperity and territorial expansion gradually eroded the civic duty of getting married. This promoted the normalisation of celibacy. Despite the actions undertaken by censors to safeguard the boni mores, this way of life was gradually considered less of a challenge to the City. Aware of this social transformation and concerned about boosting birth rates after the civil wars, Augustus introduced measures to penalize caelibes and to restore marriage to its civic role. Nevertheless, he had to deal with the growing priority of individual interest in marriage. He based his legislation, perhaps despite himself, on a paradox : the Iulia and Papia laws, intended to restore marriage to its former state, relied on the very principles that they sought to overcome : they appealed to private interest, by encouraging citizens to get married. Consequently, they demonstrated that the Romans, if they wished, could choose celibacy. This approach was not very effective : it did not restore the obligatory nature of marriage. Nevertheless, Rome could rely on the promotion of a new, extra-legal sexual abstinence to serve its aims. The Church would promote chaste celibacy and morally condemn any way of life outside marriage that was not consecrated. Through its dogmas, it would accomplish what Rome had been unable to do through the law.

Identifiant : rennes1-ori-wf-1-21875
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