| Epidémiologie des mycoses ostéo-articulaires dans la région Grand Ouest (Clinical features and outcomes of fungal bone and joint infections in Western France) | ||
Fischer, Lucas - (2025-10-07) / Universite de Rennes - Epidémiologie des mycoses ostéo-articulaires dans la région Grand Ouest Langue : Anglais Directeur de thèse: Luque Paz, David Thématique : Médecine et santé | ||
Mots-clés : infections ostéo-articulaires, champignons, Candida spp., Aspergillus spp., traitement antifongique, séquelles, Os--Infections, Candidose, Aspergillose, Mycoses, Antifongiques, Complications (médecine) Résumé : Contexte. Les infections ostéo-articulaires (IOA) fongiques sont rares. Les données disponibles à ce jour concernant leur épidémiologie et leur prise en soin sont insuffisantes. Méthodes. Nous avons réalisé une étude de cohorte rétrospective multicentrique, au cours de laquelle ont été inclus tous les patients ayant eu une IOA fongique entre 2014 et 2021 au sein de six centres hospitalo-universitaires du Grand Ouest de la France. Résultats. Parmi les 103 patients inclus, l’âge médian était de 66 [intervalle interquartile, 51-73] ans et 66% (n=68) étaient des hommes. Les patients ayant une immunodépression représentaient 23% (n=24) de la cohorte. Les infections sur matériel représentaient 39% (n=40) des cas. La hanche était le site le plus fréquemment infecté (n=24, 23%). Une fièvre était présente au diagnostic dans 31% (n=31) des cas, et 66% (n=67) des patients rapportaient des douleurs. Les IOA à levures comptaient pour 81% (n=83) des cas d’IOA fongiques dont les principaux pathogènes étaient Candida albicans (n=54/83, 65%) et C. parapsilosis (n=11/83, 13%). Les champignons filamenteux identifiés étaient majoritairement Aspergillus section fumigati (n=10/20, 50%) et les Mucorales (n=6/20, 30%). Une co-infection bactérienne était retrouvée dans 60% (n=62) des cas. Les interventions chirurgicales consistaient majoritairement en des chirurgies de parage/lavage (n=52, 50%), des chirurgies d’ablation de matériel (n=17, 17%) et des chirurgies d’exérèse osseuse (n=11, 11%). Concernant le traitement des IOA à levures, 82% (n=68/83) des patients ont reçu du fluconazole, et 36% (n=30/83) ont reçu une échinocandine. Tandis que pour les IOA à champignons filamenteux, le voriconazole (n=16/20, 80%) et l’amphotéricine B liposomale (n=10/20, 50%) étaient les antifongiques les plus utilisés. Un effet indésirable a été rapporté pour 27% (n=28) des patients dont 68% (n=19/28) ont nécessité une modification du traitement antifongique. La durée médiane du traitement antifongique était de 91 [42-180] jours. La guérison clinique de l’IOA fongique à deux ans était obtenue pour 73% (n=75) des patients. La persistance de séquelles à 6 mois était rapportée chez 63% (n=51/81) des patients survivants, entrainant un handicap dans 48% (n=39/81) des cas, voire l’apparition d’une dépendance pour 10% (n=8/81) des patients. Conclusions. Les IOA fongiques représentent un large éventail d’infections. Elles sont associées à un taux élevé d’échecs thérapeutiques et de séquelles. Une approche pluridisciplinaire est nécessaire afin d’optimiser le traitement des IOA fongiques. Résumé (anglais) : Background. Fungal bone and joint infections (BJIs) are rare, and their epidemiology and clinical outcomes remain unclear. Methods. We conducted a retrospective multicentric cohort study including patients diagnosed with fungal BJIs between 2014 and 2021 in six university hospitals in Western France. Results. Among 103 patients, median age was 66 [interquartile range, 51-73] years and 66% (n=68) were male. Twenty-four patients (23%) were immunosuppressed. Prosthetic joint infections represented 39% (n=40) of cases, and hip was the most common infection site (n=24, 23%). Fever was present in 31% (n=31) and patients had pain in 66% (n=67). Yeast BJIs represented 81% (n=83) of infections with Candida albicans (n=54/83, 65%) and C. parapsilosis (n=11/83, 13%) as leading pathogens. Mold BJIs were mostly due to Aspergillus fumigatus (50%, n=10/20) or Mucorales (30%, n=6/20). Coinfection with bacteria was found in 60% (n=62) of cases. Surgical procedures included debridement (50%, n=52), material removal (17%, n=17) and resection surgery (11%, n=11). For yeast BJIs, fluconazole was prescribed for 82% (n=68/83) of patients, followed by echinocandins for 36% (n=30/83) of patients. While for mold BJIs, voriconazole (n =16/20, 80%) and liposomal amphotericin B (n=10/20, 50%) were the most used. A drug-related adverse event was reported for 27% (n=28) of patients with 68% (n=19/28) of these requiring a switch of antifungal. Antifungal therapy was administered for a median of 91 [42-180] days. Failure of fungal BJI treatment was observed in 27% (n=28) of cases. Patients suffered from sequelae in 63% (n=51/81) associated with a high rate of disability (n=39/81, 48%). Conclusions. Fungal BJIs represent a wide range of infections associated with a poor prognosis. Multidisciplinary management approach is warranted, and further studies in this field are needed. Identifiant : rennes1-ori-wf-1-21423 | ||
| Exporter au format XML |